Un monde plus sûr

Dans un monde interconnecté, il est important de bien choisir ses alliés – les avancées technologiques, notamment dans le monde du machine learning, ont permises aux machines d’apprendre à connaître les hommes – dans des proportions gigantesques.

Les réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook, doivent être questionnés et raisonnés.

Chaque post, chaque like, est comme une empreinte sur le sable portant votre pointure, votre nom, votre apparence, vos goûts et vos convictions, inscrit à jamais dans l’internet. Cette empreinte est analysée, catégorisée avec soin, et surtout – jamais oubliée par ceux qui se font une spécialité de les récolter.

C’est comme cela qu’on obtient de la désinformation – les fake news, outil de propagande par ceux gouvernés par la haine et des principes rétrogrades et méprisables – anti-avortement, anti-gays, racistes et xénophobes, pro-guns, et d’autres. Le brexit en est une conséquence directe, notamment par le biais de Cambridge Analytica. Les fondamentalistes, les convaincus que la terre est plate, antivax et autres tarés en est une autre.

Ces services sont peut-être gratuits dans leur utilisation – en réalité, c’est en exploitant et vendant vos données, directement ou indirectement, qu’ils grandissent et contrôlent de plus en plus le monde « libre ». Les corporations peuvent ainsi vendre des campagnes politiques à des publics cibles – influençant de manière souvent illégale et obscure la face du monde connu.

Pire, ces systèmes sont conçus pour vous rendre addict. Les notifications vous forcent toujours à revenir inspecter les sources de nouveauté. Les fils d’actualité sans fin vampirisent votre temps et votre attention. Le contenu que vous voyez est soigneusement trié, utilisant les mêmes principes que les casinos pour être certain que vous reviendrez la prochaine fois.

Réfléchissez-bien… Quand était la dernière fois que Facebook ou Twitter vous a apporté de la joie ? Pour ma part, j’ai réalisé il y a quelques temps que cette époque était lointaine – et depuis j’essaye, au maximum du possible, d’éviter ces réseaux, et de me purger de cette addiction. Pour notre bien à tous, je vous invite à faire de même.

Blocs

Au fur et à mesure que j’explorais ce monde nouveau, j’avais un sentiment étrange. Les vastes pleines, les déserts, les toundras, tout semblait immense, sans fin… Et pourtant, si dense à la fois. En quelques pas, j’étais dans des bois aux arbres immense. En quelques autres, me voilà dans un désert de roc poussiéreux.

Chaque environnement était varié, et sauvage. Pas de traces de civilisation. Parfois, au loin, une structure semblait ressembler à une statue, ou à une tour, mais en me rapprochant, je me rendais compte que c’était la nature de cet endroit qui, par un procédé qui m’était étranger, tendait vers des constructions humaines, les imitait. Un sentiment de malaise crût en moi, j’avais l’impression qu’une machine se cachait derrière ces biomes dissonants.

C’est alors, au détour d’une montagne, que je m’aperçus que je n’étais pas seul ici. En effet, dans la plaine dans laquelle je me trouvait, qui été bordée par une rivière, je vis un trou creusé dans le sol. Le trou n’était pas perpendiculaire à la surface, il était oblique, et s’enfonçait dans les profondeurs de la terre, comme l’entrée d’une grotte souterraine qui surgirait dans la pleine. La régularité géométrique des fondations de cette excavation me laissaient fortement penser qu’elle était artificielle.

Je décidais de m’aventurer dans l’antre, sans trop savoir ce qui m’attendait en bas. Je découvris un escalier de pierre brute, m’entraînant encore plus dans les profondeurs. Tout avait été creusé avec précision, cela eut presque pu être l’œuvre d’une machine: les marches avaient été taillées à très exactement quatre-vingt dix degrés, et toujours régulières. Cependant, bientôt j’eus la confirmation que l’ouvrage était artificiel: je vis des torches éclairer faiblement l’allée souterraine, trop profonde pour que la lumière du dehors ait pu l’illuminer entièrement.

Je descendis encore et toujours, suivant l’escalier qui filait, toujours régulier, dans le même sens. Après une très nombreuse volée de marches, je vis finalement le palier. Je m’arrêtais un instant pour reprendre mon souffle, puis je m’engouffrais dans le couloir qui suivait la fin de ma descente dans l’obscurité.

Je tombais sur une salle gigantesque, fortement éclairée. Face à moi, se tenait une structure colossale. On eut dit une statue, faite de matériaux comme de la pierre lisse peinte, qui formait ce qui ressemblait à un visage. D’au moins cinq mètres de haut pour aisément en faire quatre de large, il était tourné vers moi, forme de pierre immobile, et j’eus l’impression qu’il me scrutait. Détail des plus perturbants: la face avait quatre yeux, et non pas deux, et ils semblaient tous fait d’une matière translucide, comme une sorte de pierre, que je n’avais jamais vu auparavant.

Je m’avançais, essayant d’en apprendre plus sur ce monument, mais je m’arrêtais aussitôt; j’avais entendu un déclic. Glacé sur place, je regardais à mes pieds, obnubilé par le monstre de pierre, j’en avais oublié le sol, qui était dallé de blanc et de noir , ainsi que quatre dalles couleurs – en plus de la plaque de pression sur laquelle je venais d’appuyer. Un instant plus tard, j’entendis un son venant de la statue: je relevais les yeux, et je vis les siens s’ouvrir.

Quand je dis s’ouvrir – c’est ce que j’avais imaginé, mais à observer plus finement, ils ne s’ouvraient pas vraiment: ils se mettaient à briller fortement, tour à tour, chacun d’une couleur différente. Bleu, rouge, vert, et jaune. Je regardais, incrédule, ne comprenant pas à quoi correspondait ce message chromatique.

Je me souvins alors des dalles, et je regardais sur le sol: dans le but de comprendre, j’observais attentivement les quatre dalles de la même couleur. En les examinant plus longuement, je me rendis alors compte que de petites plaques de pression étaient disposées sur chacune d’entre elles. Soudain, un éclair lumineux rouge provint du visage de pierre et m’éblouit: les quatre pierres qui lui servaient d’yeux venaient de luire en même temps, écarlate, ce qui pour moi était un signe évident de colère. Un bruit assourdissant suivit l’éclair, je me retournais: l’escalier d’où je venais était maintenant barré d’une grille de fer qui était surgie du sol.

Mais ce n’était pas le pire: un autre bruit, de roulement cette fois, retint mon attention. Je me rendis compte qu’au centre de la pièce, une colonne de verre surgissait du sol, lentement. A l’intérieur, dans la fragile prison, se trouvait une des choses les plus horribles que j’avais jamais vu.

Une créature, qui autrefois devait avoir été un homme, était à l’intérieur. Ses yeux semblaient morne, vides de toute vie ou volonté, mais luisaient tout de même d’une manière qui m’apparût mauvaise. La peau de la bête était verte, comme pourrissante, décharnée, et elle était parsemée de plaies béantes et pleines de pues. Des vêtements déchirés habillaient le prisonnier de la colonne de verre, et il avait une posture macabre, comme s’il attendait quelque chose. Ce que je croyais être un cadavre difforme s’éveilla alors à ma vue.

La colonne de verre s’ouvrit.

Le masque

Elle entra dans la salle de balle. Elle fut immédiatement enchantée.
Les décors flamboyants semblaient briller d’autant plus de par l’éclat des danseurs. Ces derniers tournoyaient, vifs et gracieux, au bruit de la musique enchanteresse produite par un orchestre habile, posé en haut du double escalier.

Les murs étaient richement décorés de glaces et de tapisseries, le sol était pavé de marbre d’or, des tableaux et des chandeliers étaient disposés avec goût et remplissaient cet espace de manière harmonieuse.

Les invités du bal ne rompaient pas avec le charme élégant de la salle. Chacun portaient leur plus beaux atouts, costumes bien taillés et décorés de pierres et broderies, se tenant droits et fiers pour les hommes, robes exquises pleine de dentelle, de broches et de colliers de perles, sourire gracieux pour les femmes.

Bien entendu, comme l’avait demandé le duc, qui possédait la salle de balle, chacun des convives étaient masqués. Masques semi-pleins tenus au visage peint, ou masque plein décrivant divers émotions attachés avec une ficelle, tous semblaient se fondre dans un mystère incroyable dans lequel personne ne savait vraiment qui était son voisin de droite et de gauche, mais tout le monde savait que son compagnon était de la plus belle compagnie qu’il puisse désirer.

Elle aussi portait un masque. En réalité, elle avait choisi sa tenue avec le plus grand soin: sa magnifique robe verte empirée était bordé de fines perles noires, son col de dentelle transparent laissait apparaître par à-coups sa poitrine, et son masque soulignait avec élégance son visage délicat. Ses cheveux, attachés dans un chignon parfait, étaient ornés d’une broche elle aussi portant un masque.

Elle s’avança dans la salle avec assurance, car elle savait que ce soir, elle ne serait pas seule. Un pas après l’autre, ses talons raisonnaient sur le sol de marbre, mais le bruit était couvert par la musique et les invités. Elle parcourut la salle lentement, délicatement, avec soin et non pas de la prudence mais plutôt de la patience délicieusement savourée. Elle était en effet dans les derniers moments qui la séparaient de quelque chose de merveilleux, et comme celui qui attend un cadeau, ou la visite d’un vielle ami, elle savourait ce temps qui précédait.

Elle prit une coupe de vin rouge sur son chemin, esquivant les danseurs qui semblaient s’étendre et se rétracter dans la salle, au fur et à mesure des danses. La lampée étaient délicieuse et glissaient sur sa gorge, avec un goût sucré et précieux qui la contentait parfaitement. Finalement, elle arriva de l’autre côté de la salle, par rapport à où elle était entrée. Et elle le vit.

Il était impérial. Il se tenait, athlétique, droit, masqué bien sûr, mais elle avait su tout de suite que c’était lui. Il portait une queue de cheval brune élégamment attachée, et il se tenait droit, fier, sans arrogance mais avec une distinction et une détermination qui avait un côté ensorcelant. Sa tunique, d’un pourpre extrêmement bien ajusté, arborait des boutons d’ors et des motifs d’or sur les bords. Sa main gauche était posée sur une canne, négligemment, et elle laissait voir des bagues magnifiques, mais sans être trop ostentatoires. L’homme avait autour de lui une aura, de mystère, de confiance en soi, et de subtilité. Peut-être était-ce dû à son masque, d’un blanc nacre, aux traits lisses, comme un dieu de l’antiquité. Quand il la vit, il lui sourit. Il avait compris qu’elle était sienne, qu’elle était celle que lui attendait.

Cela plaisait à la Dame, bien sûr. Car elle savait qu’elle était maintenant très proche du moment. Mais elle ne pouvait cependant pas s’offrir à lui sans efforts. Car c’est quand on désire le plus une chose, que l’on fait tous les efforts du monde pour l’obtenir, que l’on en savoure le goût de la victoire. Alors, elle tourna les talons et s’élança dans les danses, se joignant à une ronde.

L’homme la perdit vite des yeux, au milieu de ces danseurs et de ces couleurs tournoyantes. Ni une, ni deux, il s’élança lui aussi dans la mêlée. Rythmés par une musique déchaînée, la salle fut un vrai chaos – mais distinguée et organisée avec goût. Les partenaires de danses allaient et venaient, parfois il faisaient deux pas en avant, quatre pas en arrière, parfois ils tournaient sur eux-même, parfois ils se tenaient par le coude en ligne et en rythme, parfois en cercle tournoyant, et tout se succédaient, et il s’échangeaient, en l’espace d’un battement de cille.

Mais c’était aussi une chasse. L’homme la poursuivait. En rythme, dans la chanson, il l’entrapercevait à gauche, il changeait de partenaire, puis il était finalement à droite, alors il tournoyait pour s’approcher d’elle. Elle, amusée, laissait apparaître son plus beau sourire, resplendissante, tandis qu’avec une grâce naturelle elle échappait à son assaillant, se faufilant lors des ouvertures entre deux pas, se courbant pour passer en dessous d’un couple presque enlacé, s’échappant en passant par le milieu de la piste au moment où quatre groupe de convives y convergeaient.

Néanmoins, minutes après minutes, l’homme rattrapait son amante, et finalement il l’avait presque à porté de main, quand elle rompit le cercle et alla emprunter une porte dérobée qui menait sous un escalier. Le cœur battant, il la suivi.

De la construction du récit

Les divers éléments des histoires, aussi fous soient-ils, sont liés par construction du récit. Chaque élément est à sa place, a un contexte, une raison et un moyen, et on utilise des procédés pour les lier toutes les pièces du puzzle entre elles.

Si l’antagoniste du récit a un défaut, alors c’est ce défaut qui pourrait entraîner sa chute. Si le protagoniste a une caractéristique, alors cette caractéristique peut être par exemple la raison qui l’amène dans l’histoire. Les lieux ont leur importance aussi, chaque lieu choisi doit faire avancer l’histoire pour une raison spécifique.

Il faut faire simple, quand cela est possible. Chaque scène du récit doit être racontée, sans précipitation, une chose à la fois, pour garder cette clarté et cette simplicité.

Le défi en improvisation est de garder tout cela en tête en construisant le récit au fur et à mesure.

Il est important de bien faire usage de toutes les contraintes du récit, et chacune de ces contraintes doit être utilisée avec intelligence. Les contraintes n’ont pas toutes le même impact: la quête d’un récit sera systématiquement plus importante qu’un accent, par exemple.

Mais pourtant, des contraintes peuvent cacher des éléments scénaristiques important. Si un personnage a un accent, cela signifie qu’il vient peut être du pays d’où provient cet accent, et peut être que cela est significatif dans l’histoire.

A l’inverse, une contrainte comme un lieu peut être peu structurante, agissant comme un prétexte non exploité pour l’histoire. Cependant, les histoires les plus élégantes trouvent un sens à chacune des contraintes. Pourtant, il peut être difficile de faire usage de toutes les contraintes, et la perfection ne doit pas être un frein à la créativité.


L’éternité

L'hiver je me réjouis de rester sous la couette avec toi
Nous profitons de nos promenades nocturnes dans les rues de Lille,
Nous nous sentons ainsi sous la neige comme des rois,
Les jours sont courts et tout passe le temps d'un battement de cils.

Le printemps tu émerges rayonnante, même s'il est encore tôt,
Nous retrouvons peu à peu les beaux jours,
C'est avec toi que je veux assister au renouveau,
Dans tes yeux je me perd comme envoûté par un tour,

L'été ta force se révèle à tous,
Brave et courageuse, tu relève tous les défis,
J'admire en toi ta bonté, que tu es douce,
Et pourtant, tu fais trembler tes ennemis.

L'automne tu révèles ta sensibilité,
Tu laisse découvrir aussi ta générosité,
Vulnérable quand tu le souhaites,
Il n'y a rien chez toi que je regrette.

C’est incroyable, mais je l’ai fait!

J’ai enfin pu parler à grand-papi.
C’était hier soir.
J’étais seul à la maison. Il était aux alentours de vingt-trois heures. Le noir et le silence dominaient le voisinage. Seul les volets claquaient, lugubre, comme un avertissement donné par des sacs d’os.

Edouard, notre chat, avait quitté son tapis et était allé se réfugier dans la baignoire.
Honnêtement, il y avait comme un courant d’air glacial, et j’entendais presque des murmures.
C’était bizarre.

J’étais dans le grenier. D’une main peu assuré, j’ai tracé ces symboles à la craie blanche, sur le sol. Des carrés, des cercles, des triangles, géométriques, d’une complexité infinie, comme ce que ce vieux livre poussiéreux disait.

Puis, j’ai allumé les bougies, et je me suis assis en tailleurs, comme ce que le livre disait.

Alors, j’ai appelé papi – comme ce que le livre disait.

Papi était en colère d’être ainsi dérangé. Il a commencé par souffler les bougies. Tout était d’un coup silencieux. Et les symboles au sol se sont mis à luire.
Soudainement, une commode est tombée. Des objets ont commencé à voler dans la pièce. c’était horrible. Je me suis caché sous une vielle table, et je criais, et je pleurais…

Finalement, j’ai demandé à grand-papi:
« Où est ma sœur? Je t’en prie, dis-le moi! »

Et les volets se sont ouverts, d’un coup. La lune éclairait le jardin, en bas.

J’ai regardé. J’ai vu la terre qui commençait à être remuée. Puis une main squelettique est sortie du sol.

Je ne demanderais plus jamais rien à grand-papi.

La toile – suite

Adali regarda l’elfe avec des yeux ébahis. Il ne s’y était pas attendu du tout. Les non-humains étaient rares au sein de l’Inquisitorium. Markus l’observait avec des yeux rieurs, et il avait tout de suite compris la surprise d’Adali, même s’il n’en laissa rien paraître.

« Oui. Mais ce tableau n’en reste pas moins magnifique. »

L’elfe, en disant cela, se retourna vers l’œuvre. Adali alla se mettre à ses côtés, examinant lui aussi la toile. Il allait expliquer à l’elfe la raison de sa venu quand ce dernier lui adressa la parole:

« Je sais pourquoi vous êtes là. Et qui vous envoie. Cette affaire est importante pour l’ordre. Et sordide. Deux agents ne seront de trop. »

La réflexion du Primat Investigator surprit Adali. Il s’était attendu à ce que l’elfe soit au courant de sa venue, mais pas qu’il ait spécialement besoin d’aide. Il s’attendait plus à être considéré comme une sorte de bouclier humain – compte-tenu de tout ce qu’on racontait sur la façon dont le second du Primat Investigator avait dû prendre une retraite spirituelle « anticipée ».

« Primat, de quoi s’agit-il ?
_ Crimes de la pensée. Un courant subversif d’art. » L’elfe fit un geste vers le tableau.
« Cette œuvre en fait partie. Elle appartenait à une famille noble. Les De Faranal. Ils les ont acquis au marché noir. Le père était un amateur. Il était sur la liste de l’Inquisitorium depuis un bon moment. »

Adali nota l’utilisation du passé. Le père au moins avait probablement été tué, lors d’une intervention. Il examina le tableau de plus près. Bien qu’il soit étrange, il ne lui paru pas être spécialement subversif.

« Primat, comment savez-vous que l’œuvre est compromise?
_ Pour des yeux non entraînés, ce tableau ne représente rien de spécial. Mais avec la formation artistique nécessaire, on peut en décoder les messages. Heureusement, cette pratique n’est pas récente, et j’ai déjà dû résoudre une affaire similaire il y a plus de trois cent ans. » Markus aborda un large sourire.
« Que j’aime l’art subversif. »
Adali ne dit rien. Il jeta un regard interrogateur à l’elfe. Mais il réexamina la toile.
« Les codes de cette toile suggèrent que l’ascension divine est accessible à l’homme. Il suffit juste de rejeter les enseignements de Dieu, qui ne sont que des illusions. Voyez comment les enfants montent les marches: ils cherchent à atteindre le ciel, le divin. Mais, puisque l’escalier est infini, ils ne le peuvent pas. Une fois que les enfants se rendront compte de l’illusion d’optique, alors ils pourront en atteindre le sommet. Les couleurs utilisées suggèrent d’avantage, mais j’en ai déjà beaucoup dit. »

Le Lieutenant-Chasseur hocha la tête d’un air pensif.
« Mais qui peint ces toiles? »
Au fond de lui, il connaissait la réponse à cette question. Mais il voulait en être sûr. Markus Elwanil lui sourit:
« Un elfe, bien sûr. »

***

La nuit venait de tomber. L’atelier n’était éclairé que par des bougies, réparties un peu partout dans la pièce. Pensif, l’artiste regardait son nouveau tableau, une main sur son menton.

« C’est magnifique », pensa-t-il. « J’y ai vraiment mis du cœur cette fois-ci. »

Il sourit à la vu du tableau. C’était certainement sa pièce maîtresse, qu’il s’agisse du message ou de la beauté de l’œuvre. Et, même dans la semi-pénombre de l’atelier, elle semblait resplendir, briller, comme une balise dans le noir.

Sur la toile, le Primat Markus Elwanil se tenait, fièrement, représenté fidèlement, dans sa tenue d’Investigator.