Au fur et à mesure que j’explorais ce monde nouveau, j’avais un sentiment étrange. Les vastes pleines, les déserts, les toundras, tout semblait immense, sans fin… Et pourtant, si dense à la fois. En quelques pas, j’étais dans des bois aux arbres immense. En quelques autres, me voilà dans un désert de roc poussiéreux.

Chaque environnement était varié, et sauvage. Pas de traces de civilisation. Parfois, au loin, une structure semblait ressembler à une statue, ou à une tour, mais en me rapprochant, je me rendais compte que c’était la nature de cet endroit qui, par un procédé qui m’était étranger, tendait vers des constructions humaines, les imitait. Un sentiment de malaise crût en moi, j’avais l’impression qu’une machine se cachait derrière ces biomes dissonants.

C’est alors, au détour d’une montagne, que je m’aperçus que je n’étais pas seul ici. En effet, dans la plaine dans laquelle je me trouvait, qui été bordée par une rivière, je vis un trou creusé dans le sol. Le trou n’était pas perpendiculaire à la surface, il était oblique, et s’enfonçait dans les profondeurs de la terre, comme l’entrée d’une grotte souterraine qui surgirait dans la pleine. La régularité géométrique des fondations de cette excavation me laissaient fortement penser qu’elle était artificielle.

Je décidais de m’aventurer dans l’antre, sans trop savoir ce qui m’attendait en bas. Je découvris un escalier de pierre brute, m’entraînant encore plus dans les profondeurs. Tout avait été creusé avec précision, cela eut presque pu être l’œuvre d’une machine: les marches avaient été taillées à très exactement quatre-vingt dix degrés, et toujours régulières. Cependant, bientôt j’eus la confirmation que l’ouvrage était artificiel: je vis des torches éclairer faiblement l’allée souterraine, trop profonde pour que la lumière du dehors ait pu l’illuminer entièrement.

Je descendis encore et toujours, suivant l’escalier qui filait, toujours régulier, dans le même sens. Après une très nombreuse volée de marches, je vis finalement le palier. Je m’arrêtais un instant pour reprendre mon souffle, puis je m’engouffrais dans le couloir qui suivait la fin de ma descente dans l’obscurité.

Je tombais sur une salle gigantesque, fortement éclairée. Face à moi, se tenait une structure colossale. On eut dit une statue, faite de matériaux comme de la pierre lisse peinte, qui formait ce qui ressemblait à un visage. D’au moins cinq mètres de haut pour aisément en faire quatre de large, il était tourné vers moi, forme de pierre immobile, et j’eus l’impression qu’il me scrutait. Détail des plus perturbants: la face avait quatre yeux, et non pas deux, et ils semblaient tous fait d’une matière translucide, comme une sorte de pierre, que je n’avais jamais vu auparavant.

Je m’avançais, essayant d’en apprendre plus sur ce monument, mais je m’arrêtais aussitôt; j’avais entendu un déclic. Glacé sur place, je regardais à mes pieds, obnubilé par le monstre de pierre, j’en avais oublié le sol, qui était dallé de blanc et de noir , ainsi que quatre dalles couleurs – en plus de la plaque de pression sur laquelle je venais d’appuyer. Un instant plus tard, j’entendis un son venant de la statue: je relevais les yeux, et je vis les siens s’ouvrir.

Quand je dis s’ouvrir – c’est ce que j’avais imaginé, mais à observer plus finement, ils ne s’ouvraient pas vraiment: ils se mettaient à briller fortement, tour à tour, chacun d’une couleur différente. Bleu, rouge, vert, et jaune. Je regardais, incrédule, ne comprenant pas à quoi correspondait ce message chromatique.

Je me souvins alors des dalles, et je regardais sur le sol: dans le but de comprendre, j’observais attentivement les quatre dalles de la même couleur. En les examinant plus longuement, je me rendis alors compte que de petites plaques de pression étaient disposées sur chacune d’entre elles. Soudain, un éclair lumineux rouge provint du visage de pierre et m’éblouit: les quatre pierres qui lui servaient d’yeux venaient de luire en même temps, écarlate, ce qui pour moi était un signe évident de colère. Un bruit assourdissant suivit l’éclair, je me retournais: l’escalier d’où je venais était maintenant barré d’une grille de fer qui était surgie du sol.

Mais ce n’était pas le pire: un autre bruit, de roulement cette fois, retint mon attention. Je me rendis compte qu’au centre de la pièce, une colonne de verre surgissait du sol, lentement. A l’intérieur, dans la fragile prison, se trouvait une des choses les plus horribles que j’avais jamais vu.

Une créature, qui autrefois devait avoir été un homme, était à l’intérieur. Ses yeux semblaient morne, vides de toute vie ou volonté, mais luisaient tout de même d’une manière qui m’apparût mauvaise. La peau de la bête était verte, comme pourrissante, décharnée, et elle était parsemée de plaies béantes et pleines de pues. Des vêtements déchirés habillaient le prisonnier de la colonne de verre, et il avait une posture macabre, comme s’il attendait quelque chose. Ce que je croyais être un cadavre difforme s’éveilla alors à ma vue.

La colonne de verre s’ouvrit.

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