L’espion

De manière fluide et naturelle, il fendait la foule. Il prenait des pauses et s’arrêtait parfois pour échanger une plaisanterie avec un convive, avant de continuer, avec un air parfaitement sûr de lui. Tout été prévu, et il se rapprochait, en secret, de son but.

Il avait mémorisé les noms, occupations et détails de vie d’une soixantaine de convives de la fête. Il pouvait certainement se faire passer pour l’un d’entre eux. Vêtu comme un noble de basse naissance, il avait suffisamment de statut pour pouvoir appartenir aux invités, mais était d’une extraction suffisamment négligeable pour n’être pas tout à fait connu. Quand il échangeait deux ou trois mots avec un noble de plus haute naissance, ce dernier se disait probablement l’avoir déjà vu quelque-part mais sans le remettre – histoire de ne pas perdre la face, il faisait semblant de le recaser, l’autre après tout l’aidait bien en orientant la conversation de manière à parler du plus noble des deux. Ainsi, il n’éveillait pas les soupçons.

L’espion avait eu des années de préparation. D’abord, il avait été recruté comme acteur, et il avait déjà un certain talent pour l’imitation. Ensuite, il avait été entraîné spécifiquement pour des situations comme celle-là: emmené à de nombreux événements comme simple valet, il s’était efforcé d’apprendre les mimiques, expressions et la gestuelle des seigneurs de la haute cour.

Une fois que cet apprentissage l’avait suffisamment marqué pour qu’il puisse au naturel se fondre dans la masse, il avait travaillé sur son personnage. Il l’avait ciselé, d’une matière brute à un diamant aux dizaines d’arêtes, ou chacune représentait un aspect spécifique de sa double vie. Le plus facile avait été son nom et sa situation, le plus difficile les détails. Car pour l’espion, tout le seul du personnage réside dans les détails: une expression qui lui est propre et pourtant qui paraît si naturelle, une réputation pour un vice caché qu’on murmure à demi-mots et qui bien sûr n’existe pas, une intonation dans la voix particulière qui l’identifie lui.

Et c’est cette présentation qui lui permet de fondre parmi les comtes, barons et duchesses, comme s’il était l’un d’entre eux – en vérité, il les méprisait et ne souhaitait que leur ruine. Mais son beau sourire leur disait le contraire.

Il s’approchait de la salle du conseil de sa Majesté quand le grand chambellan commençait à appeler les invités pour le discours du Roi. Il s’éclipsa et disparu par une porte intérieure du palais, tandis qu’il entendait la voix du monarque retentir derrière lui à l’attention de sa cour.

« Chers amis, l’ordre et la stabilité de notre Royaume est directement menacée aujourd’hui. Il s’agit comme vous le savez d’une situation sans précédent face à laquelle je me vois obligé pour la sécurité de notre peuple de déployer des forces armées considérables… »

L’espion accélère le pas. Il tourne au prochain couloir et s’engouffre toujours plus en avant dans la demeure royale. Un invité en retard passe, il se cache derrière une statue et reprend sa route quand le danger est passé.

« …ces traîtres se verront bientôt traqués et punis par mon autorité. Aujourd’hui même, nos trois maréchaux ont reçu des ordres cruciaux pour intercepter et éliminer les chefs de rebelles. Au moment même où je m’adresse à vous… »

Il arrive à la porte de la salle du conseil. Deux gardes attentifs sont placés devant, leur hallebardes dressées prêtes à parer au moindre danger. L’espion s’approche deux, naturellement, d’un pas lent et calculé. Les deux gardes se méfient et commence à le questionner. Mais il agit vite. D’un coup soudain à la gorge, il neutralise celui de droite, et il agite un filtre au visage du second qui le plonge dans un sommeil profond. Il ouvre les portes de la salle et rentre à l’intérieur.

« …vous êtes inquiétés inutilement. Personne ne peut contester la divine autorité que j’exerce sur vous tous, car je suis à la fois votre gardien et votre rempart face à la barbarie des démocrates de ce monde. Célébrez ma victoire, car bientôt j’éradiquerais tous ceux qui se fourvoient et vous dévoie vers des chemins subversifs et corrompus. Oui, célébrez ma victoire… »

L’espion regarde la liste des documents et des plans de bataille étalés sur la table. Il sort une petite gemme de sous son pourpoint, et l’utilise. Elle émet un rayonnement magique, et les documents semblent subitement disparaître dans un nuage de poussière bleutée. Les commandants de la résistance devraient recevoir tous ces documents à temps. La lutte continue, et le Roi risque d’avoir une désagréable surprise… L’espion sourit et dit :

« Une victoire, oui, mais pas pour toi, le Boucher. »

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Le regard

Parfois, je croise leur regard.

J’y décèle de la peur, souvent. Parfois, de la pitié. Le tout accompagné de dégoût.

J’ai l’habitude. Cette considération vient avec l’uniforme. Mon insigne et mon flingue me donnent de nombreux pouvoirs, notamment celui d’anéantir des vies. Ils ont raison d’avoir peur.

Moi, la frousse, je ne connais pas ça. Je ferais tout ce qu’il faut pour dénicher les rats, les traîtres. Je suis un fin limier. Et j’ai les techniques de chasse.

Les criminels se terrent toujours au bord de la folie. Souvent, leurs petits écarts envers la loi sont dû à des troubles du comportement. J’ai de nombreux amis médecins et psy, c’est ce qu’ils m’expliquent. Moi, peu importe leur raison: il font une connerie, je les remet dans le droit chemin, et je rentre chez moi.

Et sans me vanter, je suis bon dans mon domaine. La nuit, je rêve de tous ces salopards que j’ai mis aux fers. Ils sont là, dans une prison, avec moi, à errer dans les jardins, dans la cours, comme des vrais zombis. Ce rêve est récurrent. Il est un peu flippant à vrai dire. Mais je m’en fous ; quelque part ça me fait bien dormir de savoir que les rues sont plus sûres après mon passage.

J’ai un partenaire. Il me suit et m’accompagne, comme il l’a fait tout au long de mon carrière. C’est loin d’être un con, je lui fait confiance. Il est du genre de ceux qui écoutent. Qui prennent des notes. Mais au moment opportun, ils te sortent une punchline. Elle a de quoi vous surprendre ; elle vous fait réfléchir à qui vous êtes. Je ne le prend jamais à la légère. C’est un dur comme moi, des cas, il en a vu passer.

On forme une équipe de choc. Mais on est toujours sur un cas. Mon partenaire m’en parle tout le temps. Il me dit que c’est le plus important de ma carrière – et de la sienne. Mais on a encore jamais réussi à pincer le salaud qui a fait ça. On pense qu’il a buté sa femme. Horrible, non?

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Les rois

Dans le sable, dans la tempête, j’étais là.

Je l’ai vue. Je l’ai vue telle qu’elle devrait être. J’ai vu la majesté, la gloire, l’opulence, la terrible puissance orgueilleuse et écrasante, d’un empire si haut qu’il en touchait le soleil.

Pourtant, tout n’est que poussière à présent. Les pierres éternelles s’effritent, et dans l’avalanche de gravillons, animés par des vents tournoyants et destructeurs, disparaît la superbe éternelle d’un témoignage d’un autre temps.

S’il y a un lieu qui doit se faire appeler le cimetière des rêves, c’est bien celui-ci.

Les rêves éternels d’avoir un sanctuaire à la mesure de son ambition, imposant, s’élevant dans un désert si aride qu’on croire jamais rien y grandir. Oui, je le vois bien entre deux déferlantes de sable, ces tétraèdre délirants sont toujours là, et ils semblent presque éternels.

Mais pourtant, qui s’est endormi dans le sable et retourné à la poussière. Grâce à la Pierre, on reconnaît certain noms qui reposeraient dans cette nécropole du désert, mais pour autant, saurait-on vraiment les aduler comme des dieux, comme ils l’auraient sûrement désiré ? Pour nous, ils restent des étrangers, des fous, des puissants assurément, mais bien malgré eux ils nous apprennent surtout une leçon et la plus importante de toutes : tout un jour s’effrite, il n’y a donc pas de gloire éternelle.

Je marche quelques pas dans la tempête, au milieu des tombeaux oubliés, tandis que mes pieds s’engouffrent de plus en plus dans le sable, tandis que j’ai de plus en plus de mal à respirer.

Les rêves d’avoir une fin digne d’eux.

Mais est-ce vraiment d’eux que je parle? Je n’en suis pas sûr. Dans ma vision brouillée, la seule chose que je distingue, ce sont les contours bruts et anguleux de pierre, qui semblent dominer la tempête, comme pour dire: « je ne crains rien ».

Je bascule dans le sable.

Réalités

Nous sommes plus que nous ce voyons. Derrière notre réalité bien étroite se dresse une myriade de possibilités, des mondes infinis et différents, complexes, perdus ou inexplorés.

Notre perception est à remettre en cause. Voir plus loin que nos limites, au delà des sphères de notre existence, nous donne des pouvoirs incroyables. C’est presque une drogue que d’explorer ces dimensions alternées, et cette nouvelle perspective agrandie, tordue et se repliant sur elle-même nous fait oublier les problèmes uni-dimensionnels de notre monde matériel.

Que penser du racisme, du sexisme, de l’écologie, quand on projette son esprit dans des plans extérieurs ? Quand on fait la connaissance d’être si différents, si étranges, qu’il est presque impossible d’appréhender et encore moins de comprendre, alors notre dimension d’origine nous permet bien fade.

C’est pour ces raisons que nous ne sommes pas immensément riche : bien que l’argent à flot soit à notre portée, étant donné l’arsenal de sortilèges que nous tissons en puisant les énergies de milliers de dimensions qui vous sont inconnues, nous préférons nous consacrer à l’étude de ces mondes extra-ordinaires plutôt qu’à profiter de plaisirs qui nous apparaissent comme factices.

C’est pour ces raisons que nous ne sommes pas célèbres ou puissants: que serviraient d’avoir le pouvoir et le contrôle sur autrui, alors que nous avons déjà pouvoir et contrôle sur tant de choses, mas dans un périmètre beaucoup plus vaste.

En réalité, j’irais même jusqu’à dire que moi et les autres sorciers sommes intouchables. Nous arrêtons le temps, nous nous rendons dans d’autres dimensions en un claquement de doigts, et nous percevons des dizaines de réalité à la fois – nous sommes presque immortels. Dès lors que pourrions nous craindre?

You think you know how the world works? You think that this material universe is all there is? What is real? What mysteries lie beyond the reach of your senses? At the root of existence, mind and matter meet. Thoughts shape reality. This universe is only one of an infinite number. Worlds without end. Some benevolent and life giving. Others filled with malice and hunger. Dark places where powers older than time lie ravenous… and waiting. Who are you in this vast multiverse, Mr. Strange?

Ancient One, Doctor Strange
Ancient One | Marvel Cinematic Universe Wiki | Fandom

Les fleurs

O Flower of Scotland
When will we see
Your like again,
That fought and died for
Your wee bit hill and glen,
And stood against him (England!)
Proud Edward's Army
And sent him homeward
Tae think again.

The hills are bare now
And autumn leaves
Lie thick and still
O'er land that is lost now,
Which those so dearly held,
That stood against him
Proud Edward's Army
And sent him homeward
Tae think again.

Those days are past now
And in the past
They must remain
But we can still rise now,
And be the Nation again
That stood against him (England!)
Proud Edward's army
And sent him homeward
Tae think again.

O Flower of Scotland
When will we see
Your like again,
That fought and died for
Your wee bit hill and glen,
And stood against him,
Proud Edward's Army
And sent him homeward
Tae think again.

Le portail

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Ce qu’il y a de fascinant avec les portails, c’est qu’il y a toujours un moment de doute. C’est toujours le moment qui précède le franchissement de l’entre-monde. Vais-je arriver entier à destination ? Est-ce que la destination est bien celle qu’on m’a indiqué ? Lorsque vous allez à cheval d’une bourgade à une autre, vous connaissez tout de votre itinéraire et votre voyage. Par nature, les portails sont plus mystiques.

Bien souvent, on a perdu les sources indiquant qui a ouvert le portail ou comment il a été créé. Les énergies utilisées sont souvent instables, dangereuses, et il n’est pas rare que cette magie oubliée d’un autre age attire des bêtes et des créatures féroces qui en gardent le seuil, considérant l’artefact comme une sorte d’autel à des dieux incompris.

Pourtant, malgré tous ces risques, malgré toutes ces inconnues, les portails exercent un charme qui surpasse l’adrénaline que les casses-cous affectionnent tant. En vérité, le facteur principal qui guide les voyageurs au travers de ces portes instables et peu fiables, c’est l’inconnu. Le fait de ne pas savoir, et de vouloir découvrir à tout prix. C’est une question obsédante qui hante les lèvres, qui s’immisce dans les songes, qui survient dans les mémoires à demi-effacées.

Où?

Un vrai monstre

Entretien avec un vampire | Mad Movies

Je cours dans les bois. J’ai faim.

J’entends le halètement de ma proie. Et à chaque inspiration, ce n’est pas mon coeur mort qui me donne un sursaut d’excitation, mais la bête qui est en moi. Elle est

Je n’arrive plus à penser clair. A me concentrer. Tout ce que je sense, c’est au sang. Au sang frais. Il bat chez ma proie. Il bat si fort, si chaud sang

Je me rapproche

Mes crocs sont sang sortis. Je peux maintenant la voir. Elle ne voit rien dans le noir, mais moi si

Sang

Sang

Ma bête a pris le contr

La charge

Lord of the Rings - Rohirrim Charge - Mixed with epic audio from ...

Les cavaliers se tenaient prêts. L’air été chargé d’une tempête à peine contenue, qui semblait prête à se déchaîner d’une seconde à l’autre. Les chevaux hennissaient, les équipements des guerriers produisaient de léger chocs tandis que les lances s’abaissaient et qu’ils se préparaient à la charge. Le nombre était tel que l’on croyait entendre la foudre venir de l’armée, et pourtant l’ouragan ne s’était pas encore formé – pas tout à fait.

En face, la marée grisâtre des orcs et autres monstruosités semblait avoir déjà submergé les murs de la cité blanche. Leur champs guerriers et gutturaux, leurs corps ornés de cadavres, leurs armes rouillés et tâchées, tout semblait laisser à croire qu’ils avaient conquis ce qu’ils avaient prit d’assaut et que le monde des hommes était déjà tombé – peut être était-il déjà trop tard. Seul le bruit des combats dans le dernier cercle de la cité se faisait entendre, et le martèlement des béliers sur les dernières portes avant l’anéantissement.

La peur pouvait se sentir dans l’armée face à ce désolant spectacle de carnage et de cruauté, d’une force sans pitié qui mettrait fin à l’âge des hommes. Pourtant, derrière ces fiers éleveurs de chevaux, il y avait une énergie, une énergie qui disait: non, nous ne nous soumettrons pas, non, nous ne laisserons pas faire. Et peu à peu, au fur et à mesure que le roi passait au travers des rangs des cavaliers pour leur donner du courage, cette peur se transforma en une résolution implacable.

La résolution qu’ils combattaient pour la paix et la justice, pour lutter contre l’obscurité et la monstruosité d’être primaires, égoïstes et profondément maléfiques. La résolution qu’ils allaient bientôt devenir le bras vengeur d’un monde plus équitable, dans laquelle chaque chose vivante à sa place et a le droit de vivre librement et sans être opprimée. Bientôt, cette résolution se transforma en une colère, et une haine contre cette intolérance et cette attaque contre le coeur de l’humanité.

Les cavaliers n’étaient plus silencieux. On entendait leurs cris.
« A MORT ! »
Le sol fut martelé du bruit de dix mille sabots lorsqu’ils chargèrent.

Le miroir

Chaque matin, lorsque mes serviteurs font ma toilette, en face de ce grand miroir hérité de feu mon grand père, je ressens un malaise. J’ai l’impression que les choses ne semblent pas être ce qu’elles paraissent, que mon reflet va me trahir. Lorsqu’on est une princesse, se préparer prend du temps, et ce sentiment désagréable ne s’en va qu’après que je sois coiffée, parfumée, maquillée et habillée, les sourcils épilés, les joues poudrées, le corset ajusté. Tout le long de ce supplice, tandis que mes dames de compagnies s’évertuent à me rendre royale, mon regard me rend une expression intimidée, presque étouffée, et j’ai l’impression que ce n’est pas moi, mais une autre victime, coincée de l’autre côté. Lorsque je serais reine, je brûlerai ce satané bibelot.

Encore une sale gueule. Il n’y a pas de doutes. C’est bien moi. Crasseux, fatigué. Je passe la main sur mes joues creuses, cette barbe de trois jours. Putain, encore une nuit qui commence. Mon poil s’hérisse, comme d’habitude. Je n’aime pas ça, oh non. J’ajuste le col de ma veste en cuir, mais rien ne change: à qui j’essaye de faire croire que je suis quelqu’un d’autre? Je suis un de ces oiseaux de proie de nuit, mais pas la version majestueuse. La version sournoise. Qui je pourrais convaincre, franchement? Je suis désespérant. C’est parce que j’espère que ça va m’amener quelque chose de plus? Une femme dans mon lit? Non, c’est pas ça. Putain, quel malaise. C’est le type en face que j’essaye de convaincre. Mon reflet. Mon frère d’arme. Celui qui a suivi comme moi, galères sur galères, coups foireux sur coups foireux. Il a l’air désespéré, au bout. Je ne sais même plus où j’ai récupéré cette glace. Elle date, ça c’est sûr. Le passage de dizaines d’années – elle a l’air ancienne. D’une autre époque. Pouah. Autant dire que le néon vacillant qui l’anime un tant soit peu ne lui donne pas l’effet majestueux qu’elle devait provoquer dans le temps. Mais bordel… Qu’est-ce que ce truc est malsain… Ça ne peut pas être moi, cette parodie, cette brebis traqué parmi les loups. Et pourtant… Mon sang se glace, comme chaque soir.

Tout mon art consiste à prétendre que je ne suis pas celui que je suis. Alors parfois, j’y crois, à cette image dans le verre poli, qui me sourit. Je lui souris aussi. Elle est élégante, c’est sûr, elle est travaillée. Je crois qu’aucune autre contrefaçon ne s’approche autant de la vérité: peut être qu’à force d’essayer très fort d’être quelqu’un d’autre, on le devient vraiment, se faisant on ne distingue plus l’original de l’artificiel et alors quelle est la différence? J’aime ce reflet, il est protecteur. Il me convainc que je ne suis pas moi – et je n’attend de rien de plus comme validation de la part d’un miroir. Après tout, il y a vraiment d’autres choses à savoir? Vous ne voudriez quand même pas que je soi moi-même? C’est le miroir lui-même qui me l’a interdit. A chaque fois que je passe devant lui, et que je ne suis pas moi – enfin je suis moi, mais pas ce que je veux créer, vous me comprenez – je me rend compte que non, ça ne va pas être possible. Qu’il va falloir changer – ce n’est pas moi qui m’en convainc, c’est lui. Un coup d’œil à ce, ce, ce truc qui est sensé être moi et on change d’avis directement. En vérité, je suis bien content qu’il me dise qui être – je me sens bien mieux comme ça.

Vous me regardez, et je vous rend votre regard. Je vous vois tous.