La charge

Lord of the Rings - Rohirrim Charge - Mixed with epic audio from ...

Les cavaliers se tenaient prêts. L’air été chargé d’une tempête à peine contenue, qui semblait prête à se déchaîner d’une seconde à l’autre. Les chevaux hennissaient, les équipements des guerriers produisaient de léger chocs tandis que les lances s’abaissaient et qu’ils se préparaient à la charge. Le nombre était tel que l’on croyait entendre la foudre venir de l’armée, et pourtant l’ouragan ne s’était pas encore formé – pas tout à fait.

En face, la marée grisâtre des orcs et autres monstruosités semblait avoir déjà submergé les murs de la cité blanche. Leur champs guerriers et gutturaux, leurs corps ornés de cadavres, leurs armes rouillés et tâchées, tout semblait laisser à croire qu’ils avaient conquis ce qu’ils avaient prit d’assaut et que le monde des hommes était déjà tombé – peut être était-il déjà trop tard. Seul le bruit des combats dans le dernier cercle de la cité se faisait entendre, et le martèlement des béliers sur les dernières portes avant l’anéantissement.

La peur pouvait se sentir dans l’armée face à ce désolant spectacle de carnage et de cruauté, d’une force sans pitié qui mettrait fin à l’âge des hommes. Pourtant, derrière ces fiers éleveurs de chevaux, il y avait une énergie, une énergie qui disait: non, nous ne nous soumettrons pas, non, nous ne laisserons pas faire. Et peu à peu, au fur et à mesure que le roi passait au travers des rangs des cavaliers pour leur donner du courage, cette peur se transforma en une résolution implacable.

La résolution qu’ils combattaient pour la paix et la justice, pour lutter contre l’obscurité et la monstruosité d’être primaires, égoïstes et profondément maléfiques. La résolution qu’ils allaient bientôt devenir le bras vengeur d’un monde plus équitable, dans laquelle chaque chose vivante à sa place et a le droit de vivre librement et sans être opprimée. Bientôt, cette résolution se transforma en une colère, et une haine contre cette intolérance et cette attaque contre le coeur de l’humanité.

Les cavaliers n’étaient plus silencieux. On entendait leurs cris.
« A MORT ! »
Le sol fut martelé du bruit de dix mille sabots lorsqu’ils chargèrent.

Le miroir

Chaque matin, lorsque mes serviteurs font ma toilette, en face de ce grand miroir hérité de feu mon grand père, je ressens un malaise. J’ai l’impression que les choses ne semblent pas être ce qu’elles paraissent, que mon reflet va me trahir. Lorsqu’on est une princesse, se préparer prend du temps, et ce sentiment désagréable ne s’en va qu’après que je sois coiffée, parfumée, maquillée et habillée, les sourcils épilés, les joues poudrées, le corset ajusté. Tout le long de ce supplice, tandis que mes dames de compagnies s’évertuent à me rendre royale, mon regard me rend une expression intimidée, presque étouffée, et j’ai l’impression que ce n’est pas moi, mais une autre victime, coincée de l’autre côté. Lorsque je serais reine, je brûlerai ce satané bibelot.

Encore une sale gueule. Il n’y a pas de doutes. C’est bien moi. Crasseux, fatigué. Je passe la main sur mes joues creuses, cette barbe de trois jours. Putain, encore une nuit qui commence. Mon poil s’hérisse, comme d’habitude. Je n’aime pas ça, oh non. J’ajuste le col de ma veste en cuir, mais rien ne change: à qui j’essaye de faire croire que je suis quelqu’un d’autre? Je suis un de ces oiseaux de proie de nuit, mais pas la version majestueuse. La version sournoise. Qui je pourrais convaincre, franchement? Je suis désespérant. C’est parce que j’espère que ça va m’amener quelque chose de plus? Une femme dans mon lit? Non, c’est pas ça. Putain, quel malaise. C’est le type en face que j’essaye de convaincre. Mon reflet. Mon frère d’arme. Celui qui a suivi comme moi, galères sur galères, coups foireux sur coups foireux. Il a l’air désespéré, au bout. Je ne sais même plus où j’ai récupéré cette glace. Elle date, ça c’est sûr. Le passage de dizaines d’années – elle a l’air ancienne. D’une autre époque. Pouah. Autant dire que le néon vacillant qui l’anime un tant soit peu ne lui donne pas l’effet majestueux qu’elle devait provoquer dans le temps. Mais bordel… Qu’est-ce que ce truc est malsain… Ça ne peut pas être moi, cette parodie, cette brebis traqué parmi les loups. Et pourtant… Mon sang se glace, comme chaque soir.

Tout mon art consiste à prétendre que je ne suis pas celui que je suis. Alors parfois, j’y crois, à cette image dans le verre poli, qui me sourit. Je lui souris aussi. Elle est élégante, c’est sûr, elle est travaillée. Je crois qu’aucune autre contrefaçon ne s’approche autant de la vérité: peut être qu’à force d’essayer très fort d’être quelqu’un d’autre, on le devient vraiment, se faisant on ne distingue plus l’original de l’artificiel et alors quelle est la différence? J’aime ce reflet, il est protecteur. Il me convainc que je ne suis pas moi – et je n’attend de rien de plus comme validation de la part d’un miroir. Après tout, il y a vraiment d’autres choses à savoir? Vous ne voudriez quand même pas que je soi moi-même? C’est le miroir lui-même qui me l’a interdit. A chaque fois que je passe devant lui, et que je ne suis pas moi – enfin je suis moi, mais pas ce que je veux créer, vous me comprenez – je me rend compte que non, ça ne va pas être possible. Qu’il va falloir changer – ce n’est pas moi qui m’en convainc, c’est lui. Un coup d’œil à ce, ce, ce truc qui est sensé être moi et on change d’avis directement. En vérité, je suis bien content qu’il me dise qui être – je me sens bien mieux comme ça.

Vous me regardez, et je vous rend votre regard. Je vous vois tous.

Les sortilèges

Technicolor Helps Marvel Cast A Spell On Doctor Strange | Technicolor
Les plus puissants sortilèges d’antan,
Les mystères des charmes perdus
Laissent une trace telle dans les esprits
Une image romantique d'un avant
Dont tout le monde s'est épris
Car quoi de mieux que ce qui peut être vu
Mais jamais compris
Tissée dans les charmes de l'inexplicable,
Elle est pourtant redoutable,
Toujours elle a un effet conséquent,
Et jamais elle n'est utilisée à la légère,
Du moins par les magiciens maîtres de leur art.
Pour les autres...

La fureur

Sang, fureur et frustration accumulée, rien n’empêchera le déferlement, le feu purifiant. Courrez, criez, claironnez : le rouge sera la couleur des lendemains sanglants. Les jours sombres sont ombrageux et les orages apportent le catharsis, cassez, brisez. L’ordre établi doit être détruit c’est la voie vers la vérité et vers la justice. Cette haine et ces mensonges ne resterons pas impunis, les réparations seront faites sur les trésors accumulés par la tricherie de ces odieux bouffons, qui croient se rire de nous tandis que nous aiguisons nos lames.

Ne lâchez-rien, battez-vous pour vous, pour les faibles, pour les différents qui ont besoin de nous face à l’oppression de milliers d’années. L’héritage du passé n’est que tromperie, les empires n’apportent aucune gloire et sont faits de sables, l’ouragan n’a pas besoin du vent de la veille révoltez-vous et le vent d’aujourd’hui se lèvera.

A tous ces privilégiés qui sirotent leur verre en attendant la fin des temps, elle est en avance, nous avons une course à mener avec les catastrophes écologiques que nous nous infligeons, autant leur faire payer l’indifférence avant les faits, autant leur montrer leurs erreurs et nos appels ignorés. Soyons la lame juste guidée vers le cœur, sans pitié pour les traîtres de l’humanité, l’incarnation des pourris de la sociétés.

Death. A thousand death. Until our blood roars again.

L’épée dans la distance

Il la cherchait depuis longtemps. Il errait dans la Désolation. Cet endroit était lugubre: une grande plaine, parcourue par les vents magiques, dans laquelle rien ne poussait, parsemée de rocs et d’os, témoins d’une histoire révolue. On raconte que ce fut la conséquence d’un sortilège cataclysmique qui aurait mal tourné, ou alors d’une malédiction qui pourrirait la terre, ou bien d’un cimetière de dragons. Personne ne sait vraiment d’où la Désolation venait. Par contre, c’était une terre où les hors-la-loi et les fugitifs allaient se cacher. Une terre aride sans loi. Et c’était là que l’homme était parti chercher l’épée.

Après tout, ce n’était que justice. Son père l’avait forgée. Elle avait appartenu à un chevalier. Puis, à la mort de l’homme d’armes, il fut enterré avec. Mais des pillards l’avaient dérobée dans sa tombe. Et Elkan s’était fait une mission personnelle de la retrouver, car elle était de bonne facture, et c’était la dernière lame qu’avait forgé son père.

Cependant, il ne l’avait pas trouvé dans la Désolation. Il errait depuis des jours, et pire, il était complètement perdu. Il avait acheté une carte à Akura, mais elle s’était révélée trompeuse: les indications qu’il avait eu sur les déplacements des pillards de tombes l’avait conduit derrière une chaîne de collines, loin dans la plaine. Mais il avait perdu le chemin du retour. Il n’avait plus de vivres. Il marchait sur le sol aride.

Soudain, il entendit un bruit fracassant. Elkan se retourna. Il vit une vague de vents violents arriver vers lui. Les vents semblaient constitués d’énergies ensorcelées, de couleurs qui n’existaient pas dans ce monde, qui tournoyaient dans une furie surnaturelle. Et au milieux de la tempête, une épée qu’Elkan connaissait bien était emportée.

Les vents l’engouffrèrent, et l’épée lui transperça la poitrine.

Le conte à rebours

Dix.
Elle courrait dans les couloirs, elle dévalait les escaliers, elle n’avait plus de souffle, mais elle continuait tout de même, sans s’arrêter, car une seule pause et tout serait terminé.
Neuf.
Elle prit l’embranchement au premier étage, puis la porte de secours et se jeta du haut de l’escalier métallique avant d’atterrir dans un fracas douloureux dans l’herbe derrière le bâtiment. Son coeur battait la chamade. Elle entendit un bruit derrière elle, mais elle ne se retourna pas, et s’engouffra dans les bois. La pleine obscurité l’oppressait d’avantage, et elle aurait voulu crier, ou pleurer. Mais la peur avant tout lui glaçait le sang: elle continua, essayant de distancer l’inévitable.
Huit.
Elle marcha, et après quelque pas, elle se prit les pieds dans une racine, et elle tomba dans un buisson. La douleur ne fit qu’ajouter à sa panique, que la déstabiliser encore plus. Mais encore et toujours elle se releva. Elle sentait derrière elle la course de son poursuivant, de ce prédateur qui jamais ne la laisserai s’échapper.
Sept.
Soudain, elle s’immobilisa. Le doute s’insinua en elle. Sa vision se brouilla. Elle revit la scène, encore et encore. Finalement, elle ferma les yeux. Elle soufflait, bruyamment. Et elle l’entendait approcher.
Six.
Elle ne bougeait plus maintenant. Elle venait, encore une fois de prédire l’avenir. Elle savait exactement ce qui allait se passer. Ses veines étaient froides. Des frissons l’envahirent. Du bout de ses lèvres, elle murmura le chiffre qui allait tout changer.
Cinq.
« Quoi ? » L’homme était finalement là. L’arme à la main, il la regardait, un visage haineux. « C’est fini, sorcière. » Il braqua son arme sur elle. « Je vois que tu as arrêté de courir inutilement… alors finissons-en. »
Quatre.
Quelque-chose clochait. Il le sentait. Il ne pouvait pas se résoudre à tirer. Il sentait l’air glacial autour de lui.Trois. »Non… Non. Ce n’est pas possible. Tu fois payer pour ce que tu as fait. Ça ne peut pas se passer comme ça.
Deux.
Elle regarda. Les lames coulait le long de ses joues. Mais de ses mains jaillissaient des énergies mystiques.
Un.
Il hurla dans la nuit. Et la sorcière eut une nouvelle victime sur sa conscience.

L'affiche

Sur une affiche clouée à un arbre non loin d’une construction en ruine, il est écrit:

Attention danger!
Cette tour abandonnée que vous voyez est interdite de toute occupation civile, sous peine d’emprisonnement.
Elle est désormais scellée sous l’ordre du Grand Inquisiteur Aurélius, jusqu’à nouvel ordre. Il est prévu que des officiers religieux parviennent sous la *date rayée*.
L’habitante de cette tour est suspectée de pratiquer de la *rayé*. Tout complice sera pendu.
*Griffonné au bas de l’affiche en lettres de sang: le prochain Inquisiteur qui s’approche, je le transforme en crapaud.*
*signature rayé**caché de cire sur lequel a été dessiné un :)*

Le bal

Elle entra dans la salle de bal. Elle fut immédiatement enchantée. Les décors flamboyants semblaient briller d’autant plus de par l’éclat des danseurs. Ces derniers tournoyaient, vifs et gracieux, au bruit de la musique enchanteresse produite par un orchestre habile, posé en haut du double escalier.

Les murs étaient richement décorés de glaces et de tapisseries, le sol était pavé de marbre d’or, des tableaux et des chandeliers étaient disposés avec goût et remplissaient cet espace de manière harmonieuse.

Les invités du bal ne rompaient pas avec le charme élégant de la salle. Chacun portaient leurs plus beaux atouts, costumes bien taillés et décorés de pierres et broderies, se tenant droits et fiers pour les hommes, robes exquises pleine de dentelle, de broches et de colliers de perles, sourire gracieux pour les femmes.

Bien entendu, comme l’avait demandé le duc, qui possédait la salle de bal, chacun des convives étaient masqués. Masques semi-pleins, ou masque plein décrivant divers émotions attachés avec une ficelle, tous semblaient se fondre dans un mystère incroyable dans lequel personne ne savait vraiment qui était son voisin de droite et de gauche, mais tout le monde savait que son compagnon était de la plus belle compagnie qu’il puisse désirer.

Elle aussi portait un masque. En réalité, elle avait choisi sa tenue avec le plus grand soin: sa magnifique robe verte empirée était bordé de fines perles noires, son col de dentelle transparent laissait apparaître par à-coups sa poitrine, et son masque soulignait avec élégance son visage délicat. Ses cheveux, attachés dans un chignon parfait, étaient ornés d’une broche. Elle aussi portant un masque.

Elle s’avança dans la salle avec assurance, car elle savait que ce soir, elle ne serait pas seule. Un pas après l’autre, ses talons raisonnaient sur le sol de marbre, mais le bruit était couvert par la musique et les invités. Elle parcourut la salle lentement, délicatement, avec soin et non pas de la prudence mais plutôt de la patience délicieusement savourée. Elle était en effet dans les derniers moments qui la séparaient de quelque chose de merveilleux, et comme celui qui attend un cadeau, ou la visite d’un vielle ami, elle savourait ce temps qui précédait.

Elle prit une coupe de vin rouge sur son chemin, esquivant les danseurs qui semblaient s’étendre et se rétracter dans la salle, au fur et à mesure des valses. La lampée étaient délicieuse et glissaient sur sa gorge, avec un goût sucré et précieux qui la contentait parfaitement. Finalement, elle arriva de l’autre côté de la salle, par rapport à où elle était entrée. Et elle le vit.

Il était impérial. Il se tenait, athlétique, droit, masqué bien sûr, mais elle avait su tout de suite que c’était lui. Il portait une queue de cheval brune élégamment attachée, et il se tenait fier, sans arrogance mais avec une distinction et une détermination qui avait un côté ensorcelant. Sa tunique, d’un pourpre extrêmement bien ajusté, arborait des boutons d’ors et des motifs d’or sur les bords. Sa main gauche était posée sur une canne, négligemment, et elle laissait voir des bagues magnifiques, mais sans être trop ostentatoires. L’homme avait autour de lui une aura, de mystère, de confiance en soi, et de subtilité. Peut-être était-ce dû à son masque, d’un blanc nacre, aux traits lisses, comme un dieu de l’antiquité. Quand il la vit, il lui sourit. Il avait compris qu’elle était sienne, qu’elle était celle que lui attendait.

Cela plaisait à la Dame, bien sûr. Car elle savait qu’elle était maintenant très proche du moment. Mais elle ne pouvait cependant pas s’offrir à lui sans efforts. Car c’est quand on désire le plus une chose, que l’on fait tous les efforts du monde pour l’obtenir, que l’on en savoure le goût de la victoire. Alors, elle tourna les talons et s’élança dans les danses, se joignant à une ronde.

L’homme la perdit vite des yeux, au milieu de ces danseurs et de ces couleurs tournoyantes. Ni une, ni deux, il s’élança lui aussi dans la mêlée. Rythmés par une musique déchaînée, la salle fut un vrai chaos – mais distinguée et organisée avec goût. Les partenaires de danses allaient et venaient, parfois il faisaient deux pas en avant, quatre pas en arrière, parfois ils tournaient sur eux-même, parfois ils se tenaient par le coude en ligne et en rythme, parfois en cercle tournoyant, et tout se succédaient, et il s’échangeaient, en l’espace d’un battement de cille.

Mais c’était aussi une chasse. L’homme la poursuivait. En rythme, dans la chanson, il l’entrapercevait à gauche, il changeait de partenaire, puis il était finalement à droite, alors il tournoyait pour s’approcher d’elle. Elle, amusée, laissait apparaître son plus beau sourire, resplendissante, tandis qu’avec une grâce naturelle elle échappait à son assaillant, se faufilant lors des ouvertures entre deux pas, se courbant pour passer en dessous d’un couple presque enlacé, s’échappant en passant par le milieu de la piste au moment où quatre groupe de convives y convergeaient.

Néanmoins, minutes après minutes, l’homme rattrapait son amante, et finalement il l’avait presque à porté de main, quand elle rompit le cercle et alla emprunter une porte dérobée qui menait sous un escalier. Le cœur battant, il la suivi.

Pas un assassin

Alexios sorti de l’ombre. Le capitaine du camp spartiate le regarda avec un sourire narquois. Tout autour de lui, les soldats se mettaient en posture de combat. Prêts à en découdre avec l’intrus.

« Tu penses sincèrement pouvoir t’en sortir, assassin? »

Le grec, qui avait l’habitude de parler franchement, lui répondit:

« Si tu penses que je suis un assassin, tu te trompes. Quand j’attaque depuis l’ombre, c’est juste pour aller plus vite. En réalité, je suis plus que ça: je suis un demi-dieu. De la trempe d’Achille. »

Le capitaine hausse un sourcil devant tant d’arrogance. Il s’apprêtait à donner l’ordre d’attaquer. Alexios était tranquille, debout, la lance dans la main. Il ne semblait pas le moins du monde inquiet – cela rendait le capitaine de plus en plus nerveux.

« Que veux-tu dire par là? Tu n’est qu’un mercenaire sans vergogne. Un charognard. Un misérable pillard. Traqué par tous, comme un chien. »

Le grec haussa les épaules, ne semblant pas le moins du monde affecté par ces insultes.

« J’ai tué des centaines, voir des milliers d’hommes. Je n’ai jamais été défait au combat. Tous les hommes envoyés pour m’arrêter, je les ai ramenés devant Hadès. J’ai escaladé à main nue le mont Parnasse. J’ai sauté des hauteurs les plus vertigineuses. La lance que je possède, cadeau de mon aïeul, me donne des pouvoirs qu’Héraclès ne renierait pas. Tu vois, je te donne des faits. Ce n’est pas pour me vanter. »

_ Tu mens, vipère. J’en ai assez de ces élucubrations. Soldats, arrêtez-le! Et s’il résiste: mettez la bête à mort. »

D’un geste, Alexios agita sa lance, qui s’enflamma. Il semblait nettement plus rapide, plus précis, plus mortel. Dans une danse mortelle, il défit ses adverses, les uns après les autres, semant le carnage sur son passage. Bientôt, il ne restait plus que le capitaine.

« C’est impossible! »

_ Impossible? Connais tu l’histoire de nos héros? Achille, Thésée, Persée… Comment cela peut-il te surprendre encore? Je ne fais que vivre dans l’ère de mon temps, capitaine. »

Alexios transperça le spartiate. Dans les airs, un cri d’aigle se fit entendre.