Le cardinal de Milan

Il ne s'agit pas d'un cardinal ordinaire,
Les crocs acérés, l'âme souillée et les traits solitaires,
Celui-ci s'abreuve du sang des brebis de Dieu,
Et ils commande aux monstres qui ne craignent que les pieux.

Son église il l'a bâti sur des préceptes singuliers,
Jouer le rôle du prédateur fait parti des commandements divins,
Rien ne sert de renier sa nature de meurtrier,
A sa messe, on ne sert pas la même sorte de vin.

Peu le savent mais en vérité le cardinal s’ennuie,
Il se rapproche chaque jour de la bête
Et chaque joueur s'éloigne de l'homme
Ainsi va la vie du mort de la nuit.

Toujours il pousse plus loin ses vices et tourments,
Rien n'arrêtera ses folles inquisitions,
Certains monstres règnent bien cruellement,
Et tous morts comme vifs sont à sa disposition.

Le cardinal de Milan en maître dirige son domaine,
Il n'y a rien que ni vous ni moi ne puissions y faire,
Ce mort-vivant ne peut être arrêté, par le sang ou le fer,
Alors tremblez! Et prenez-garde en la cité italienne.

Le lac

 Les flots vrombissent et s'ouvrent,
Les vagues frémissent et écument,
Une main sort de l'eau, triomphalement,
Et le chevalier dans cette main l'épée découvre.

Ainsi attendait-elle depuis de si longues années,
Qu'un brave vienne enfin trouver l'épée,
Une lame si fine si bien nommée,
Excalibur a finalement retrouvé sa liberté.

Le lac étincelle, la dame est semblable à un ange,
Les rayons du soleil luisent sur cette scène étrange,
Le chevalier dans l'eau s'engouffre allant chercher son prix,
Il fallait qu'à Camelot avec cette lame il rentre avant la nuit.

Ensorcelé par la vision de la dame dans l'eau il avance,
Pourtant il a oublié de retirer son armure et sa lance,
Peu à peu il perd pied et est entraîné dans les tréfonds du lac,
Et il ne réalise que trop tard qu'il s'agit d'une ruse démoniaque.

La sirène sort de l'eau et fait disparaître son illusion,
Elle chante car dans son lac un autre chevalier a péri,
D'épée elle n'a pas même si elle en fit l'allusion,
Et encore une proie a succombé à sa stratégie.

Le destin

Dans la braise, il y a l'écho des mots que l'oracle a prononcé,
Dans l'année, il y a le héros au cœur pur saisissant la garde de son épée,
Et dans l'azur les dragons volent et sèment sortilèges, sorcellerie et enchantements,
Dans la brume, il y a la mort, silencieuse et traîtresse, qui rôde au tournant,
Dans l'amour il y a le réconfort pour notre élu à jamais épuisé,
Et dans le sang il forge son destin, car ainsi c'est écrit,
Dans la peine il y a la vérité car pour lui, c'est fini,
Dans le feu les paroles de l'oracle sont à jamais scellées,
Et dans la vie nous sommes tous élus, il y a toujours une épreuve,
Et l'homme doit forger son destin, ceci en est la preuve.
Adaptation de Roger Bernard, Mes parts semblables

Les cimes du nord

 Ha, les fiers cimes du Nord,
Depuis si longtemps je ne vous ai pas revues,
L'éclat de vos pics, fiers et invaincus,
Est inégalé, de l'aube à l'aurore.

Pourtant terre inhospitalière,
Ce pays en moi est ancré,
Je suis loin de mon foyer, loin de ma terre.
Que ne donnerais-je pas pour une fois encore,
Ressentir le froid mordant et désolé,
Entendre l'appel du loup solitaire,
Pour moi l'épaisse neige de la lande vaut plus que tout autre trésor.

Cette lande est sans loi, mais pleine de justice,
On y est libre, mais soumis à la dureté de la nature,
Personne ne s'en prétend maître, mais tout le monde du haut des cimes se sent Roi.
La beauté des montagnes, blanches et pures,
Me font toujours verser des larmes bienfaitrices.

Ho pays, quand sentirais-je à nouveau ton air immaculé,
Trop longtemps j'ai vagabondé, trop loin de mon berceau,
Les monts imposants recouverts de forêts enneigées,
Puisque c'était ma naissance, tout cela devra aussi être mon tombeau.