Le commandant du croiseur Saut Noir regarda sa montre digitale. Une tension grave régnait sur la passerelle. Il comptait les secondes. L’officier de navigation, incrédule, regarda les plans.
« C’est impossible, mon Commandant. C’est bien trop près.
_Officier. Je ne vous demande pas de le valider. On y va comme prévu.
_Mais commandant…
_Faites-ce que je vous dit. » Le commandant avait un regard pénétrant et résolu. Il était inutile de discuter.

***

L’amiral de la flotte était lui, à quelques années-lumières de là, sur le pont du méga-croiseur Les Ailes de Guerre. La situation était cependant bien pire: en face de lui, les croiseurs des Silicoss, cette race d’aliens psioniques, s’étaient lancé dans un assaut vers Austrio III, l’un des avant-postes du Conglomérat. Le combat était rude, et peu à peu l’Amiral avait commencé à ordonner la retraite des bâtiments de guerre, tandis que Les Ailes de Guerre couvrait la débandade de la flotte. Le feu ennemi s’intensifiait sur le méga-croiseur et il était la cible de choix des aliens. Bientôt les premières avaries commencèrent à se déclarer: perte du support vital et bascule sur le générateur de secours, alarme qui retentit d’un air sinistre, officiers sur la passerelle qui hurlait des ordres pour coordonner la retraite de la flotte et éviter que le navire subisse un sort sinistre.

L’amiral ne pouvait s’empêcher au travers de l’immense vitre de la passerelle les beaux et terribles bâtiments de guerre des Silicoss, profilés, élégants, d’une efficacité mortelle et d’une beauté surnaturelle par rapport aux machines très pragmatiques des humains. Tandis que ces derniers essayaient de rassembler tous les matériaux nécessaire et toute les connaissances accumulées à la dure pour lutter contre le vide glacial et meurtrier, et réussir a à peu près à fabriquer des machines capables de voyager d’étoiles en étoiles ; les Silicoss semblaient eux être nés pour flotter dans le Grand Vide et accueillir cette inhospitalité comme un cadeau glacé, sombre et beau à la fois.

La flotte humaine était en péril alors que les combats faisaient rage. Les superlasers de Silicoss frappaient des impacts meurtrier dans les coques des grosses barges de combats du Conglomérat. Ces bâtiments répliquaient par des tirs précis de batterie spatiale dont les dégâts étaient modulés par les champs de force psioniques des bâtiments aliens.

Autour du méga-croiseur, les chasseurs humains tentaient délibérément de semer les intercepteurs psys aliens et leurs vaisseau filant à une vitesse inhumaine. Cela était d’autant plus compliqué que les pilotes psys avaent comme habilité de deviner les mouvements ennemis. Heureusement, les pilotes humains des escadrons de chasse étaient les meilleurs de la flotte et avaient été habitués à ces combats désespérés; de plus leur Mark-IV étaient des engins de toute beauté, fiables, robustes, et surtout tellement maniables qu’on aurait pu croire qu’ils avaient été conçus par l’ennemi.

Les yeux de l’amiral se portèrent ensuite sur le Chasseur de Visinoth, un croiseur qui avait subi des tirs nourris au niveau de ses réacteurs et était maintenant à l’arrêt, comme une épave positionnée entre la flotte ennemi et le vaisseau de l’amiral. Le croiseur finit par se désagréger au fur et à mesure des impacts des superlasers, et finalement exploser dans une grande nova lumineuse. L’amiral regarda sa montre.

La situation changea du tout au tout. D’un coup, la flotte secondaire du Conglomérat surgit de l’hyper-espace. Les neufs croiseurs dirigés par le commandant du Saut Noir venaient d’apparaître sur le flanc gauche de la flotte Silicoss, dans un flash majestueux. Les gigantesques barges de combat étaient positionnées dans un angle agressif, comme si elles allaient éperonner les vaisseaux aliens. L’amiral était sûr qu’à cette distance, les équipiers avaient probablement dû s’accrocher au bastingage pour supporter les effets de gravité d’un saut ambitieux et complètement dingue du commandant. Le jeune officier était fougueux, pensa l’amiral. Exactement le genre d’homme dont ils avaient besoin !

A peine arrivés, le Saut Noir en tête et les autres croiseurs se mirent à faire tirer leurs batterie en feu nourri sur les vaisseaux ennemis. A cette distance, les tirs pénétraient les boucliers psy quasiment instantanément, et déjà les Silicoss semblaient ployer sous le choc de l’assaut.

Mais ce n’est pas tout: le commandant avait ordonné juste avant le saut le chargement des Canons Planétaire. Ils étaient donc parés à tirer. Ces armes gigantesques étaient utilisées en cas de siège des planètes, et n’avaient normalement pas leur place dans un combat flotte contre flotte. Cependant, la manière dont les croiseurs en renforts s’étaient positionnés après leur saut en hyper-espace leur donnait un angle suffisant pour faire parler les armes de proue démesurées.

Les salves dévastatrices illuminèrent le Grand Vide et s’abattirent sur la flotte ennemie. En quelques secondes, c’est quatre croiseurs psys qui furent détruits par la puissance brute des canons. A ce moment, l’amiral de la flotte ordonna: « Pile à l’heure, comme prévu. On réengage! ».

Ce fut une des plus belles remontée du Conglomérat dans la guerre contre les Silicoss.

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