Le vaisseau orbitait autour de la lune de Naegon.

Le capitaine courait, aussi vite qu’il le pouvait. Panneau après panneau, tuyaux après tuyaux, il arpentait la coque avec toute la vitesse dont il était capable, terrifié pour sa vie. Ses bottes magnétiques ne lui donnaient pas la vélocité nécessaire. Sa combinaison entravait ses mouvements. Il jura en avançant.

D’un coup, un éclair survint, puis une explosion silencieuse retentit à sa droite, sur la coque du vaisseau. Le cosmonaute failli être emporté dans l’espace, mais il tint bon. Il trébucha néanmoins à cause du choc, et de l’instabilité: la plaque s’était à moitié arrachée, et dérivait maintenant dans l’espace.

Son poursuivant le talonnait, fusil d’assaut au poing. La lune se reflétait sur sa visière, et ne pas voir son visage donnait à l’envahisseur un air encore plus sinistre. Satisfait de son tir au fusil d’assaut, il continua la poursuite, exalté par la chasse.

Le vaisseau des envahisseurs était arrivé il y a une heure à peu près. Juste après, ces barbares avaient donné l’assaut, massacrant tous les passagers du pacifique cargo marchand, à l’exception des femmes et des enfants. Ces derniers allaient être vendus comme esclaves.

Le capitaine, ne trouvant pas d’autre issue, avait enfilé une combinaison à la va-vite, et s’était élancé sur la coque du vaisseau, tentant de s’échapper par tous les moyens. Mais son poursuivant avait une dextérité et une aisance presque super-naturelle, de plus, c’était probablement un commando de l’espace, entraîné au combat G-0.

Essoufflé, il se cacha derrière un des larges conduits de puissance qui sillonnaient la coque. Avec la courbure du vaisseau, il se dit qu’avec un peu de chance le pillard ne l’aurait pas vu. Il attendit: s’il avait bien calculé, alors l’orbite de son vaisseau passerait dans la phase obscure de la lune de Naegon, et il pourrait profiter de l’obscurité. Et, il…

Il quoi ?! C’était sans issue. Les pillards occupaient le vaisseau. Qu’allait-il faire, seul contre tous, dans l’espace? C’était perdu d’avance. Néanmoins, ses calculs étaient corrects: le vaisseau se fondit d’obscurité, et il se sentit soulagé d’être caché ainsi. Il vit cependant un faisceau de lumière: pour le retrouver, le pillard avait allumé sa lampe d’épaule, et il cherchait après le fugitif.

Il entendit subitement dans la radio de son casque une voix monstrueuse, cruelle, presque inhumaine
« Où te caches-tu? Tu voudrais vraiment qu’il arrive quelque chose à ta femme? Aller… Sors de là, vermine. Et peut être que je l’épargnerais. »
Un rire grossier résonna. Le capitaine hésitait à éteindre la radio de sa combinaison, mais il avait été saisit par les paroles de l’envahisseur.

« Vous ne savez même pas laquelle est ma femme…
_ C’est pas grave. On les tuera toutes, comme de la vermine. Pas une grosse perte, si tu veux mon avis. On gardera juste une des pondeuses. Aller, maintenant, tu sors de ta cachette! Sur le champ! »

A contrecœur, le capitaine sortit de sa cachette, tandis que le projecteur se braqua sur lui. Au même moment, le vaisseau s’éloigna de l’ombre de la lune, et se retrouva de nouveau éclairé. Le reflet de la lune sur la visière du pillard laissa finalement place au visage de l’agresseur, souriant, cruel, tatoué.

Depuis que les humains avaient colonisé l’espace, ils n’avaient cessé de s’étendre et de s’attaquer au peuplade aliens qu’ils rencontraient sur le chemin. Le capitaine ne fut qu’une autre victime de ce conflit.

Dans un rire, le pillard tira une salve de son fusil d’assaut sur le capitaine.
« Meurs, vermine d’extraterrestre! »


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