C’était le dernier des petits matins. Le soleil brillait fort, très fort dans le ciel. L’air été chaud, presque brûlant, et la plupart des ombres avaient été éradiquées.

Anakama se tenait là, sur la prairie, assis, en silence. Il observait les quelques instants qu’il lui restait à vivre, résolu, et fasciné.

La fin d’un monde. On pouvait souvent assister à la fin d’une vie – et Anakama n’avait que trop vu cela durant sa longue existence. Parfois, des villes entières pouvaient être rayées de la carte. C’était heureusement moins commun, mais cela été déjà arrivé lors des dernières Guerres Karxiennes.

Là, c’était différent. Il ne s’agissait pas d’une vie, ou de mille. Il s’agissait d’une planète entière. Pleine de vécu, d’histoire. Anakama avait fait des recherches: la planète été née il y a plus de quatre millions d’années. Elle avait eu pas moins de cinq formes de vie principales différentes. Elle avait subi deux-cent cinquante-trois aires glacières, quatre-cent quatre-vingt douze volcans aux cendres recouvrant l’entièreté de sa surface. Elle avait même été recouverte entièrement d’eau pendant plus d’un millénaire.

Aldeor, cette astre mourant, avait parcouru plus de deux galaxies avant d’arriver ici. Il avait traversé des dizaines de systèmes solaires différents – et il était bien loin de son soleil d’origine. Il fallait l’honorer d’une manière ou d’une autre, sinon, qui s’en souviendrait? C’était ce que pensait Anakama. Après-tout, des dizaines de centaines de milliers de milliards d’individus avaient respiré le même air que lui, ici.

Tandis qu’Aldeor se rapprochait du soleil et que la chaleur devenait étouffante, Anakama regarda le magnifique canyon végétal à ses pieds. Les restes d’une cité, maintenant déserte, au loin, avaient commencés à s’écrouler sur eux même. Le sol s’était fendu d’une large fissure à quelques kilomètres à l’est.

Anakama en avait vécu, des siècles. Il en avait vu lui aussi, des évènements. Naissances et guerres. Mariages et maladie. Il avait étudié pendant si longtemps le savoir et les cultures qu’il connaissait plus de mille peuplades différentes. Mais il était temps pour lui de partir. Il le sentait au plus profond de lui-même. Les plumes qui recouvraient son bras frissonnèrent, et il grinça du bec tandis que la chaleur était de plus en plus forte et que l’herbe autour de lui commençait à jaunir et à dessécher. C’était la fin.

Si ses calculs étaient exacts, Aldeor allait passer très près du soleil. Elle serait purifiée par le feu. Dans un embrasement de flammes, la planète toute entière se consuma, et ne devint qu’un gigantesque roc plein de cendres. Après un temps extrêmement long, la planète dépassa finalement le soleil, avant de s’avancer vers le vide, froid et glacial, qui allait finalement sceller le sort d’Aldeor et empêcher définitivement toute vie d’y renaître.

A sa surface, un œuf recouvert de cendre patientait. Il hiberna pendant très longtemps. Ana signifiait la fin des temps. Mais Kama, la renaissance. Son espèce, les Phoenixans, réapparaissaient à la mort sous forme d’oeuf qui allait éclore en majestueux Phoenix de l’Espaces, qu’on peut parfois admirer si on a de la chance lors d’un voyage, brûlants de leur lumière étincelante comme des comètes l’espace qu’ils traversaient si vite.

Après une éternité, un petit garçon vit une comète. et il fit le vœux d’un jour en connaître son origine.

Très fortement inspiré de l’Agonie de la Lumière, avec du Wagner comme fond sonore.


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