La patience

La patience est mère de vertu, dit-on,
Je trouve cela fort exagéré,
Attendre le dégel, pas question,
Vivez quand vous vivrez, riez quand vous rirez.

Mais parfois, pas le choix car tout,
Nous ne contrôlons pas,
Alors envers et contre tout,
Ne soyez pas rabat-joie.

Friendship is magic

Les graines de l'amitié se sèment
Mais ne se récoltent pas toujours
Souvent, la vie nous amène,
A prendre des inattendus détours.

Pourtant, quand elles résistent à la pluie et au vent,
Et que grandit cette force entre deux âmes,
C'est de l'amour, de la camaraderie, des sentiments,
Qui lie ces protagonistes, hommes ou femmes.

Une fois à âge adulte, la grande amitié résiste à tous,
Aux tempêtes des discordes, aux changements, à la séparation,
Se retrouver après quinze ans n'a rien changé du tout,
Peu importe la distance, peu importe la destination.

Anges gardiens sans torts et sans reproche,
Confidents muets, persuasifs et inspirants,
Toujours loyaux et toujours au poste,
Jamais les attachés abandonnent en soupirant.

A leur côté le temps perd de son importance,
Une seconde, une minute, une heure, il s'écoule si vite,
On aimerait le ralentir, on demande clémence,
Pour profiter de ces instants mythiques.

Les amis illuminent pour toujours les sentiers de la vie,
Et pour cela tout sacrifice est valable,
Personne ne pourra faire oublier des vrais amis,
Car sans eux tout sera alors si fade…

Gaston

[Le Fou]
Le revoilà le plus fort au village
Il traîne avec lui le cadavre d'une bête
C'est le plus beau c'est le plus fort c'est Gaston!

[Gaston]
J'ai encore accompli des exploits
J'ai même fait plus que les travaux d'Hercule
Maintenant j'ajoute un trophée à mon tableau de chasse
Le Fou, voilà les cornes à accrocher

Je suis monté en haut de la tour
Y avait de la tempête, c'était pas de la blague
La Chose était là, elle prenait en otage Belle

Mi bête mi homme on la croirait sortie de l'enfer
Heureusement que Gaston était là pour sauver Belle
Un coup de fusil bien placé et le taureau fut carcasse
Un coup de fusil bien placé et le cœur de Belle fit un bond dans sa poitrine
Gaston a tué et maintenant Gaston se marie!

[Le Fou]
Ha Gaston ce que t'as fait fort
Te voilà encore vainqueur
Non pas que ça me surprenne, t'as toujours été le meilleur!

[Gaston]
Après avoir décarcassé le chien, je pris Belle avec moi
Elle a pleuré tout le long la pauvre, traumatisée
Ça ne fait rien mes biceps vont la réconforter
Elle pourra se remettre en cuisinant un peu
Au fait je crois que je vais m'approprier le château de la bête

[Le village]
C'est le plus beau le plus grand le plus fort
Encore une fois vainqueur
Gaston a triomphé et a libéré Belle
Tout est bien qui finit bien!
Et il se marièrent et eurent beaucoup d'enfants

Le dormeur Duvel

 C'est un trou de levure où coule la bière,
Goutant follement aux tâches des haillons,
Dégeulasses, où le soleil, de la gare fière,
Luit: c'est un petit gars qui mousse, le pochtron.

Un ivrogne jeune, bouche ouverte, tête décapsulée, nue,
Et la nuque baignant dans le frais vomi bleu,
Dort, il est étendu sur le trottoir, dans la rue,
Pâle dans son lit vert où la bière coule.

Les pieds dans les cadavres, il dort,
Souriant comme sourirait un enfant malade, il cuve un somme,
Levure, berce-le chaudement, il a froid.

Les odeurs ne font pas frissonner sa narine,
Il dort dans la décharge, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux Duvel rouges au côté droit.

Le tyran sans âge

Au cœur de la dense forêt, 
Il siège depuis des années,
Immense, comme une montagne,
Sa large silhouette assombrit l'horizon.

Partout on ressent sa présence,
Épié par ses feuilles, suivi par ses racines,
L'arbre aux cent milles feuilles guette,
Il domine encore et toujours les saisons.

Égoïste et fier, il hait tout ce qui est autre,
Avec ses branchages, il cache le soleil,
Personne ne peut le long de son tronc reposer,
Car il verrait cela comme une trahison.

Cette muraille à l'écorce impénétrable,
Commande à ses serviteurs animaux,
Ordonne au chêne, au frêne, au hêtre,
Et tous de peur subissent sa domination.

Alors si un jour en forêt vous allez,
Prenez garde au vénérable tyran,
Prenez garde à son végétal armement,
Car il est ici roi, plus que de raison.