La coupe

Juste un verre. Il ne t’en faudra qu’un seul.

J’ai très souvent vu cette lueur que tu as dans le regard. A chaque fois, c’est différent, mais pourtant, à chaque fois je retrouve cette lueur. Laisse moi te conter à quel point tu ferais erreur de refuser ce verre.

Oh, non pas que cela me mettrais en colère. Mais pense à ta vie actuelle. Cette pathétique existence que tu prétends mener, alors que tu n’es qu’un enfant, perdu sur le radeau du temps qui passe, naviguant dans des brumes qui ne te font plus savoir où est l’amont et où est l’aval. Tu vois, cette vie n’a aucun sens. Bois, te dis-je!

Ta famille, tes amis… Ce ne sont que des fleurs arrachées, éparpillées aux quatre vents. Celle que tu désire n’est rien par rapport à une goûte de cette coupe. Je vais te faire découvrir la vie, la mort, et l’au-delà même, et tu reviendra, et tu en demandera plus. Bois, te dis-je!

Je vais te faire apprendre à nouveau les couleurs, mais elles seront plus sombres. Tu entendra tout avec une clarté inouïe, mais surtout les battements de ton cœur. Tu mènera une existence d’esclave et de roi à la fois.

Oui… Cette lueur… C’est toujours celle là qui suit… Bois, te dis-je!

Le cardinal de Milan

Il ne s'agit pas d'un cardinal ordinaire,
Les crocs acérés, l'âme souillée et les traits solitaires,
Celui-ci s'abreuve du sang des brebis de Dieu,
Et ils commande aux monstres qui ne craignent que les pieux.

Son église il l'a bâti sur des préceptes singuliers,
Jouer le rôle du prédateur fait parti des commandements divins,
Rien ne sert de renier sa nature de meurtrier,
A sa messe, on ne sert pas la même sorte de vin.

Peu le savent mais en vérité le cardinal s’ennuie,
Il se rapproche chaque jour de la bête
Et chaque joueur s'éloigne de l'homme
Ainsi va la vie du mort de la nuit.

Toujours il pousse plus loin ses vices et tourments,
Rien n'arrêtera ses folles inquisitions,
Certains monstres règnent bien cruellement,
Et tous morts comme vifs sont à sa disposition.

Le cardinal de Milan en maître dirige son domaine,
Il n'y a rien que ni vous ni moi ne puissions y faire,
Ce mort-vivant ne peut être arrêté, par le sang ou le fer,
Alors tremblez! Et prenez-garde en la cité italienne.